le 14 avril 2026
Le Conseil canadien pour les réfugiés (CCR) dénonce fermement les coupures au Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI) qui entreront en vigueur le 1er mai 2026, par l’introduction du copaiement. Dans le cadre de ce changement, les personnes devront maintenant payer 4 $ pour chaque ordonnance exécutée ou renouvelée et assumer 30 % du coût total des prestations de santé complémentaires, notamment les soins dentaires et de la vue ainsi que les services de santé mentale.
Ces coupures budgétaires toucheront les personnes réfugiées réinstallées au Canada (qu’il s’agisse des personnes prises en charge par le gouvernement ou des personnes parrainées par le secteur privé), ainsi que les personnes demandeuses d’asile.
Le copaiement créera des obstacles financiers qui rendront les services de santé essentiels inaccessibles pour les personnes réfugiées. Il engendrera également des charges administratives importantes qui pourraient dissuader de nombreux fournisseurs de services de prendre en charge ces populations. Les personnes réfugiées présentent souvent d'importants besoins en matière de santé mentale et physique en raison des traumatismes vécus et du manque d'accès aux soins médicaux lors de leur périlleux voyage vers le Canada, ou durant de longues périodes d'attente dans des conditions précaires avant leur réinstallation au Canada. Le PFSI est une source de soutien cruciale, et ces nouveaux frais auront pour effet de leur limiter l'accès aux soins de santé.
Comme l’ont souligné les médecins, les professionnels de santé et les organismes de la société civile, l’absence de prise en charge rapide des affections aiguës et chroniques entraînera une aggravation de l’état de santé de ces personnes. Lorsque les personnes réfugiées, qui font déjà face à de nombreux obstacles financiers, ne peuvent avoir accès à des soins médicaux essentiels, leur état de santé se détériore et elles sont contraintes de se rendre dans des services d'urgences déjà saturés. Cela est beaucoup plus coûteux pour le gouvernement que de garantir l’accès à des soins préventifs. Les personnes disposant de moyens limités et vivant des vulnérabilités croisées– notamment les femmes, les personnes des communautés LGBTQIA+ et les personnes en situation de handicap – seront les plus touchées par cette nouvelle mesure.
L’accès équitable aux soins de santé est essentiel pour que les personnes réfugiées puissent s’établir et construire leur vie sur de bonnes bases au Canada. Cela permet à ces personnes de se concentrer sur leurs occupations, de scolariser leurs enfants et de contribuer au filet social de nos communautés. Nous sommes fiers d’être un pays qui accueille les personnes réfugiées et nous attendons de nos dirigeant.e.s qu’ils perpétuent cet héritage et fassent du Canada re a un endroit où toutes les familles peuvent s’épanouir, et non un pays qui refuse l’accès à des soins essentiels aux personnes réfugiées.
Nous avons déjà été confronté à une telle situation par le passé. En 2014, la Cour fédérale a conclu que les coupures apportées au PFSI par le gouvernement de l’époque constituaient un « traitement cruel et inhabituel », obligeant celui-ci à faire marche arrière. À une époque où les déplacements forcés de population à l’échelle mondiale atteignent des niveaux sans précédent, le Canada doit faire preuve de leadership et protéger les personnes qui en ont le plus besoin. Accroître les obstacles à l’accès aux soins de santé pour les personnes réfugiées est un pas dans la mauvaise direction. Le CCR exhorte le gouvernement fédéral à annuler immédiatement ces coupures afin de garantir que les personnes réfugiées soient traitées avec dignité.